Mon carnet de route

Jour 1: Ulaanbaatar – Kharkhorin. Journée de transfert chez l’éleveur.

Jour 1. Les chevaux nous attendent chez notre eleveurNotre première journée sur le sol Mongol débute par une longue et fastidieuse journée de route… nous nous éloignons de l’urbanisation désordonnée de la capitale Mongole pour rejoindre une autre capitale, celle d’un autre temps, celle qui régnait sur le plus grand empire de tous les temps quand les hordes Mongoles déboulaient sur toute l’Asie et l’Europe.

Ces conquêtes ont été en grande partie rendues possibles grâce aux chevaux Mongols, bête rustique et endurante que les Mongols montent à merveille

« Les nomades savent monter à cheval avant de savoir marcher », légende  ou réalité… les Mongols sont des cavaliers hors pairs, nés dans un monde où le cheval reigne en maître. 

J’ai choisi de découvrir la Mongolie à cheval, car c’est à mon sens la meilleure manière de découvrir ce qui fait la spécificité de ce peuple. Vivre une semaine à cheval, en compagnie d’éleveurs nomades, c’est pour moi un rêve qui doit me permettre de découvrir l’âme Mongole.

Mes premières impressions de la Mongolie sont conformes à l’idée que je m’en faisais. Très vite des grands espaces à l’infini, des troupeaux de chevaux traversant la piste, des yourtes fumant à l’horizon… l’aventure a commencé.

Nous arrivons en milieu d’après-midi à Kharkhorin. Nous rejoignons la yourte de Charvaa qui vit dans le village. Il nous invite à boire le thé chez lui… première expérience de la très riche culture Mongole.

Nos chevaux sont prêts. Nous partons essayer nos montures. Je ne suis pas un cavalier émérite et mon expérience se limite à quelques balades en France. Le niveau des participants est assez hétéroclyte, entre cavaliers confirmés et faux débutants… qu’importe chacun ira à son rythme, l’amour des chevaux et de l’aventure nous réunissant ici. 

Je choisis un cheval Alezan qui me semble adapté à mon niveau : une monture pas trop nerveuse mais qui ne rechigne pas à galoper si on le lui demande.

Nous dinons chez Charvaa un repas concoctée par sa femme : du Tsuvain, des sortes de nouilles mongole composée à base de farine et d’eau, frites avec de la viande de mouton, des oignons, des poivrons et quelques pommes de terre. Excellent ! Et nous passons notre première nuit sous la yourte. 

 

Jour 2: Yourte de Charvaa – Région de Temeen khuzvv

Jour 2. Chevauchée dans la forêt de MélèzesLe début de la grande chevauchée !! Une fois en selle, nous partons pour une semaine d’immersion totale au coeur de la vie Mongole.

Nous sommes 7 cavaliers, 2 personnes ayant débutées leur aventure par un circuit dans l’Arkhangai nous ayant rejoint chez Charvaa hier soir. Le fils de Charvaa, Tumroo et un second éleveur, Bataa, nous accompagnent ainsi qu’Eba notre interprète francophone.

Nadin, notre chauffeur, nous rejoindra chaque soir avec le véhicule et la logistique du circuit. 

Nous partons par le nord de Kharkhorin. Nous longeons un temps l’Orkhon avant de nous enfoncer dans les Montagnes arborées ajacentes à la vallée de l’Orkhon. Nous parcourrons ce jour 38 km. La femme de Charvaa nous a preparés un succulent pique-nique de spécialités locales… nous découvrons les Khushuur des beignets à la viande frits.

En soirée, nous installons, comme nous le ferons chaque soir, notre camp à proximité d’une famille de nomades de la region. Nous passons donc notre première soirée en leur compagnie dans la yourte avant de rejoindre nos tentes pour la nuit. Je suis un peu courbaturé ce soir, mais c’est normal à ce qu’il paraît: Je dois m’attendre à ce que les 2/3 premières journée soit difficile avant que mon corp s’habitue.

 

Jour 3: Région de Temeen khuzvv – Ikh Bulag

Jour 3. Vue sur la vallée de l'Orkhon depuis le monastère de TovkhonLevée matinal afin de chevaucher à la fraîche. Les éleveurs se sont levés avec le soleil afin de préparer nos montures. Tumroo semble très attaché à ses chevaux, et pour l’instant il ne nous laisse pas nous occuper de l’arnachement de nos montures. Nous avions été avertis au départ. Il faudra un ou deux jours afin de gagner la confiance des éleveurs, pour qu’ils nous confient complètement les chevaux. 

Nous partons pour 30 Km et continuons notre randonnée dans les forêts surplombant l’Orkhon. 

En fin de journée, le ciel s’obscurcit dangereusement et nous hâtons le pas afin d’arriver au plus vite au campement de la famille. A 10 minutes près cela aurait été bon, mais l’orage éclate alors que nous sommes encore en selle… et quel orage ! La famille, en nous voyant arriver détrempés esquisse de larges sourires, et nous invite à vite venir nous sécher à l’intérieur de leur yourte. Le poêle est chaud, le thé au lait que l’on nous sert aussi. Tumroo et Bataa ont l’air de s’en donner à coeur joie de raconter notre périple, et cela amuse tout le monde. En tout cas, notre petite mésaventure a eu le grand avantage de rompre la glace immédiatement, et les rapports avec cette famille sont des plus festifs… une bouteille de vodka sera même ouverte… c’est sur, ça, ça réchauffe !!!

 

Jour 4: Ikh Bulag – Monastère de Tovkhon – Ongotstoin Guur

Jour 4. Magnifiques chutes de l'OrkhonL’orage de la veille n’aura duré qu’une grosse demi-heure, et le bleu azur a vite repris sa place dans le ciel Mongol…

Nous chevauchons tout d’abord 9 km dans les bois pour nous rendre au monastère de Tovkon, perché sur la colline d’Ondor Shireet à une altitude de 2312 mètres. Le monastère fût construit en 1650 en l’honneur de Zanabazar. Il y vécut près de trente ans et créa en son sein de une grande partie de ses oeuvres d’arts. Les purges communistes le laissèrent exsangue, et les 14 temples formant le site actuel ont été rénovés dans les années 90.

Le site vaut également pour la superbe vue sur la vallée de l’Orkhon qui s’étend à ses pieds.  A la voir si belle, je trépigne d’impatience de descendre et chevaucher dans cette terre de nomadisme.

Nous remontons en selle et parcourrons les 30 km qui nous séparent de la vallée de l’Orkhon. La region, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, couvre une vaste zone de pâturages sur les deux rives de l’Orkhon et comprend de nombreux vestiges archéologiques remontant au VIe siècle. Je comprends vite pourquoi cette ocean de verdure est devenue une terre priviligiée pour le campement d’été des nomades… ici les troupeaux paissent en paix, et les nomades vivent en harmonie avec la nature.

Nous atteignons la région d’Ongotstoin Guur dans la vallée où nous installons notre campement pour la nuit.

 

Jour 5: Ongotstoin Guur – Les chutes de l’Orkhon

Jour 5. Repos mérité après une journée de chevalNous entamons une journée de longs galops dans les verts pâturages de l’Orkhon. Nous longeons le canyon où coule en son fond la très poissoneuse Orkhon. Au nord-ouest, la très sauvage chaîne du Khangai nous dévoile ses beautés, des hauts sommets culminant à plus de 3000 mètres d’altitude. Le khangai est une ancienne chaîne de volcans. La vallée de l’Orkhon en porte encore les traces, de nombreuses pierres volcaniques jonchant par endroit son sol.

Nous atteignons le campement de la famille Tashdandov où nous installons notre campement, puis nous partons à la découverte des chutes de l’Orkhon qui se situent à 8 km de là. Nous suivons les berges de l’Orkhon avant d’arriver aux fameuses chutes, un flot blanc, ruisselant sur la pierre noire, qu’un rayon de soleil transforme en arc-en-ciel éphémère. Ces chutes de 16 mètres sont tout simplement magiques.

De retour chez la famille, nous assistons à la préparation d’un barbecue Mongol. Des pierres sont tout d’abord chauffer à même le feu. Les pierres chaudes sont ensuite placées dans un recipient en acier avec de la viande de mouton, des pommes de terre, des carottes et du choux. Le recipient est ensuite placé sur le feu, le tout cuisant pendant une demi-heure. Une fois prêt, on se passe les pierres brûlantes de main en main. Il paraît que c’est bon pour la santé. Enfin, nous pouvons goûter au fameux barbecue… un vraie regal, pour les amateurs de viande bien sûr !

 

Jour 6: Les chutes de l’Orkhon – les sources chaudes de Mogoit

Jour 6. Le poulain servira à leurrer la jument pendant la traiteEncore une journée de grandes chevauchées au coeur de l’Orkhon. Aujourd’hui nous rejoignons une vallée parallèle à l’Orkhon, entre steppe et pinèdes, et nous nous dirigeons vers les sources chaudes de Mogoit. Ces sources se déversent dans des petites cabanes en bois où les locaux ont installé une baignoire. Comme il est agréable de pouvoir prendre un bain chaud au milieu de la steppe:

Au bout de 5 jours de randonnée, j’ai cette sensation de ne faire plus qu’un avec ma monture. Les chevaux mongols sont petits de taille – 1m45 / 1m50 au garrot, mais ce sont des montures rustiques et très résistantes. Ils ne sont montés que l’été et restent le reste de l’année en liberté; ils sont dits semi-sauvages. A la sortie de l’hiver, de nombreuses bêtes sont très maigres, affaiblies par la rudesse des élèments en Mongolie. Puis vient le mois de Juin et ses pluies, les pâturages se font plus verts et les chevaux engraissent alors.

Ils se dirigent en rennes d’appuie, contrairement à nos chevaux européens que l’on mène en rennes d’ouverture. Petite adaptation, mais rien de très compliqué. Pour les faire partir au trot puis au gallop, il faut crier le mot “Tchu” avec fermeté. Pour les faire s’arrêter, les chevaux réagissent au mot “Aie”. 

Nous installons notre campement à proximité des sources chaudes. Nous faisons un grand feu où nous passons la soirée à chanter. Eba nous apprend un chant traditionnel Mongol tandis que nous tentons d’apprendre à nos éleveurs “la vie en rose”

 

Jour 7: Sources chaudes de Mogoit - Berth

jour 7. La Mongolie, le pays des chevauxLa fatigue commence à se faire sentir, et je demande à Nadin si je peux rester avec lui dans le véhicule. Je profite donc de cette journée pour rester chez la famille près de laquelle nous allons installer notre campement ce soir. Une journée en immersion totale. J’assiste à la traite des chèvres ainsi que des juments. Les Mongols se servent du poulain afin de leurrer la mère et de lui soutirer son lait. Le lait ainsi récolté sera mélangé avec le ferment de l’année précedente et servira à faire l’airag, la boisson préférée des Mongols

Je pars ensuite me balader près de l’Orkhon avec Nadin qui a apporté sa canne à pêche. Bien lui en a pris, la pêche est très fructueuse ici. Nous attrapons 7 belles truites lenok et 2 ombres. C’est le reste du groupe qui va être content… ce soir, ce sera poisson au dîner !

Le groupe arrive au camp vers 16h… encore une belle journée de belles chevauchés pour eux dans les verts pâturages de l’Orkhon. Comme prévu, nos truites font leur effet, et nous nous régalons de manger un peu de poisson dans ce pays où la viande est reine. 

 

Jour 8: Berth – Kharkhorin

Jour 8. Notre petite équipeNotre boucle se termine aujourd’hui. Notre dernière étape sera Kharkhorin, la cité de légende où nous avons pour la première fois goûter à la saveur de l’âme Mongole. Nous y avions rencontré des inconnus qui sont devenus aujourd’hui de vrais compagnons d’aventure. Je n’oublierai pas le sourire de Tumroo le matin, ses chants enchanteurs, sa capacité à se débrouiller dans toutes les situations… la gentillesse de ses Nomades rencontrés sur notre chemin, toujours prêts à nous rendre service, à nous accueillir dans leur modeste yourte et à partager avec nous un bol d’airag et beaucoup de chaleur humaine.

Je chevauche cheveux au vent avec tous ces beaux souvenirs en tête. Baata est devant moi, j’accélère pour arriver à sa hauteur, et je lui fais signe de la tête d’accélerer. Nous faisons la course, course que je perds bien entendu… mais quel plaisir que de chevaucher en compagnie de ces cavaliers hors pairs.

Le bourg de Kharkhorin apparaît au loin, comme un grand village de yourtes fumantes faisant son apparition. Nous pénétrons le village à cheval et longeons ses routes de terre. Nous rejoignons la yourte de Charvaa qui nous attend avec sa femme. L’airag est là, les butz sont en cours de preparation… notre dernière soirée avec nos guides sera festive!

 

Jour 9: Kharkhorin - Ulaanbaatar

Jour 9. Jeune Moine au monastère d'Erdene ZuuLe réveil est un peu difficile ce matin, mais nous trouvons tout de même le courage pour partir à la découverte du trésor de l’histoire religieuse Mongole. Le Monastère d’Erdene Zuu a été construit en 1586 par Abdaï Khan juste à l'extérieur de l'enceinte des ruines de la capitale de l'empire mongol, après l'introduction du bouddhisme en Mongolie comme religion d'État. Les pierres des ruines de Karakorum ont été utilisées dans la construction. Il est entouré d'un mur présentant 108 stupas, 108 étant un nombre sacré dans le bouddhisme, et le nombre de perles dans un rosaire bouddhiste. Le monastère a été endommagé par la guerre dans les années 1680, mais a été reconstruit au XVIIIe siècle et en 1872, il comprenait 62 temples complets à l'intérieur.

Durant des siècles, Erdene Zuu fut le sanctuaire religieux le plus important de Mongolie.

Puis c’est l’heure du depart, et des separations. Séparation avec nos guides équestres, Tumroo et Bataa, mais aussi avec 3 personnes du groupe qui continuent leur voyage dans le Gobi. Avec Eba et mes 4 comparses, nous rentrons le coeur lourd à Ulaanbaatar. Nous croisons avec émotion les derniers troupeaux de chevaux, un couple de vautours, un dernier sourire d’un enfant nous saluant… puis c’est la ville et ces cheminées fumantes qui nous accueillent.

L’histoire s’achève, l’histoire a été belle !!! 

 

 

 

OÙ ?

Dans la vallée de l'Orkhon

COMMENT ?

Un peu de jeep et un beaucoup de cheval pendant 10 jours

COMBIEN ?

À partir de 695 € , départ garanti à partir de 2 personnes inscrites

QUE FAIRE AVANT ?

  • 7 jours dans l'Arkhangai
  • QUE FAIRE APRÈS ?

  • le Gobi durant 8 jours
  • Ne pas oublier de trouver des infos sur :

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